La norme ISO 10012 version 2026 est une révolution majeure pour la gestion de la métrologie dans le monde industriel. La norme a complètement changé de dimension en passant de 16 pages pour la version de 2003 qui vient d’être abrogée à 40 pages pour la version 2026. Sa structure a été complètement repensée pour épouser celle de l’ISO 9001.

ISO 10012:2003
- Exigences générales
- Responsabilité de la direction
- Management des ressources
- Confirmation métrologique
- Analyse et amélioration
ISO 10012:2026
- Contexte de l’organisme
- Leadership
- Planification
- Support
- Réalisation
- Évaluation des performances
- Amélioration
Son contenu a été fortement enrichi : de 6 définitions on passe à 28 définitions. 19 pages sont dédiées au paragraphe sur le processus de gestion des mesures et les notions des pilotages par les risques et par les performances ont été renforcées. Elle est devenue un moyen de structurer l’organisation d’un système de management pour maitriser ses mesures.

Pour les laboratoires accrédités selon l’ISO 17025 et ISO 15189, cette évolution normative n’a probablement pas de conséquence et pourrait ne présenter que peu d’intérêt. Cependant, cette nouvelle version rajoute surtout trois nouvelles annexes particulièrement intéressantes et riches d’enseignements.
A. Optimisation des intervalles d’étalonnage
Cette annexe propose une approche structurée pour ajuster les intervalles d’étalonnage sur la base de données objectives (historique, dérive, conditions d’utilisation). Elle s’attache à expliquer comment on peut déterminer le plus grand intervalle admissible entre deux étalonnages. C’est-à-dire le temps le plus long que l’on peut tolérer sans avoir un impact (ou un impact minimal acceptable) sur les mesures. La norme propose alors plusieurs stratégies d’ajustement de la périodicité :
- La surveillance : En mettant en place des contrôles qualités périodiques on vérifie que les résultats sont toujours dans des limites acceptables et on adapte l’intervalle d’étalonnage après l’étude des différents résultats obtenus
- L’étalonnage conditionnel : On réalise l’étalonnage lorsqu’un des résultats n’est plus conforme.
- La suspension : Pour des équipements dont la périodicité va être liée à leur utilisation, comme des équipements de mesure dimensionnel, par exemple des cales étalons, on va suspendre la périodicité d’étalonnage lorsque les équipements ne sont pas utilisés, c’est-à-dire prolonger l’intervalle d’étalonnage.
La norme propose également quatre méthodes pour établir un intervalle : l’exploitation de l’historique de dérive, l’utilisation du rapport entre l’incertitude de l’équipement de mesure et l’incertitude de mesure du processus global dans lequel celui-ci intervient, l’approche OPPERET et une approche fondée sur les risques.
B. Incertitude de mesure
L’annexe B permet de présenter aux utilisateurs des systèmes de management de la mesure, le concept d’incertitudes de mesure. Elle explique que l’incertitude de mesure est un indicateur quantifié qui doit être utilisé pour évaluer le risque de produire une mesure erronée. Le texte indique également que cette incertitude provient d’effets systématiques et aléatoires. Il est également indiqué qu’il existe un grand nombre de méthode permettant d’évaluer les incertitudes et qu’il est recommandé d’utiliser une méthode reconnue, comme la propagation de distribution issue du GUM (JCGM 101 :2008) par exemple.
C. Risques et règles de décision de mesure
La dernière annexe, qui est peut-être la plus intéressante des trois, est une introduction aux règles de décision de type «satisfaisant/non satisfaisant» et au risque décisionnel de mesure associé. Il existe des techniques qui permettent d’estimer le pourcentage de risque d’acceptation à tort et le risque de rejet à tort correspondant pour un échantillon de règles décisionnelles. Cette annexe explique notamment comment on relie la valeur mesurée, l’incertitude et la tolérance pour les cas où l’on fait une acceptation valide, une acceptation à tort, un rejet à tort et un rejet valable lors d’une décision. Elle introduit le concept de bande de garde pour les tolérances qui sont définies en fonction des erreurs de mesures possibles.
En somme, ces trois annexes sont une excellente source d’inspiration pour continuer à progresser sur les sujets de la métrologie. Si ces sujets vous intéressent, nos formations MG1B (Annexe A et C) et MG2 (Annexe B) se focalisent sur ces aspects.
